PRisonniers Sans Frontières

Etat des lieux

Dans les 85 prisons où des équipes de bénévoles PRSF visitent les prisonniers, des situations similaires peuvent être constatées :

  • A l’intérieur de la prison, dans les cours ou sous les apatams (abris), les prisonniers, qu’ils soient prévenus ou condamnés, vivent dans la plus totale oisiveté. Beaucoup le déplorent, mais faute de moyens, aucune activité n’est proposée par l’Administration pénitentiaire. Certaines organisations essaient de lutter contre cet état de fait et financent des activités, mais elles sont proposées en priorité aux femmes et aux mineurs. La plupart des prisonniers sont analphabètes (le taux d’alphabétisation dans les pays d’intervention varie entre 14 et 53% de la population). Le non-apprentissage du français, langue officielle, empêche toute candidature à un emploi public, même modeste.
  • Une grande partie des infractions commises s’explique par l’absence de moyens économiques des délinquants qui ne possèdent aucune formation professionnelle susceptible d’assurer leur subsistance. Cette absence de formation constitue souvent un facteur de récidive.

Atelier d’alphabétisation en Côte d’Ivoire

Objectifs de PRSF

Face à cette situation, plusieurs objectifs sont visés :

  • maintenir ou rétablir les liens familiaux distendus par la longueur des incarcération et l’éloignement géographique des familles.
  • assurer le maintien d’une condition physique satisfaisante malgré l’insalubrité des locaux et les risques de contagion dûs au surpeuplement.
  • permettre l’apprentissage de la lecture et de l’écriture du français.
  • permettre l’apprentissage d’un métier même modeste pour faciliter la recherche d’un emploi et subvenir aux besoins à la sortie.
  • lutter contre l’oisiveté.

Quelques réalisations de PRSF

  • rencontre des familles, avec l’accord des personnes détenues et liaisons avec des assistants sociaux pour resserrer les liens avec les parents (mineurs).
  • construction d’un local pour l’accueil des familles
  • construction d’un lieu de vie à l’intérieur de l’enceinte carcéral pour les mamans et leurs enfants pour éviter la promiscuité avec les femmes détenues et favoriser l’éveil psychomoteur des jeunes enfants.
  • mise en place de formations destinées à améliorer l’hygiène personnelle et collective, établissement de règles d’hygiène, fourniture de matériel, assainissement.
  • mise en place dans certaines prisons d’ateliers d’alphabétisation.
  • mise en place d’ateliers de couture, fabrication de sandales, etc.
  • développement de jardins maraîchers permettant l’amélioration des repas et l’apprentissage de techniques culturales ou d’élevage.
  • création de bibliothèques, d’ateliers de danse, d’expression corporelle.
  • Des cours d’alphabétisation ont été mis en place dans un grand nombre de prisons.
  • D’une manière générale, dans les différents pays, ont été privilégiés les ateliers qui ne réclament qu’un faible investissement de départ : vannerie, bijouterie (fabrication de colliers, bagues, bracelets etc.) ou cuisine locale, notamment les beignets.

En revanche, les ateliers plus importants comme la menuiserie ou la métallerie ont souvent posé des problèmes. Leur mise en place suppose un fort investissement de départ, la commercialisation des articles fabriqués est souvent difficile et la gestion doit être rigoureuse si l’on veut assurer leur pérennité. Le même problème se pose pour les jardins maraîchers avec le renouvellement des semences et des engrais. C’est pourquoi, PRSF s’efforce, lorsque c’est possible, de mettre en place des comités de gestion tripartites (représentants du personnel pénitentiaire, de l’équipe-terrain PRSF et des détenus) qui ont la charge de la répartition de la production, qu’il s’agisse de produits en nature comme les légumes pour les jardins ou de la recette des articles fabriqués dans les ateliers puis vendus.

Besoins à financer

  • instaurer des cours d’alphabétisation dans toutes les prisons avec un matériel pédagogique adapté ; introduire également des cours de soutien scolaire pour les mineurs scolarisés au collège et au lycée.
  • développer des activités sportives quand les locaux le permettent.
  • développer des activités culturelles, de musique, danse, cinéma, théâtre, arts plastiques.
  • mettre en place des ateliers dont la production devra être en adéquation avec les besoins du marché local, condition essentielle de la pérennité des projets.
  • développer des jardins maraîchers, lieux de formation des détenus à des méthodes de production rentable