Togo

Présence depuis 2001

 - PRisonniers Sans Frontières

Responsables-pays

Bérengère MONEGIER DU SORBIERbergere.mds@gmail.com
Jean BERKANIjean.berkani@gmail.com

Coordinateur national

Daniel LAAM-KUABAlaamkuaba@yahoo.fr

Il est assisté de M. Bonaventure ALOU.




52 visiteurs bénévoles, 13 prisons visitées, regroupant 4 494 détenus


Prisons où les 12 équipes-terrain PRSF interviennent :

  • Aneho
  • Atakpamé
  • Bassar
  • Dapaong
  • Kanté
  • Kara
  • Lomé
  • Mango
  • Notsé
  • Sokodé
  • Tsévié
  • Vogan

Paysage judiciaire 13 prisons regroupant près de 5.000 détenus (capacité d’accueil prévue pour 2.720 détenus) pour une population de 7 552 318 habitants au Togo, ce qui donne un taux d’incarcération de 66,2 pour 100 000 habitants.

Contexte politique, démographique et sécuritaire

La situation politique est fragilisée depuis plusieurs mois compte tenu des mouvements sociaux récurrents s’opposant à un renouvellement du mandat de l’actuel président réélu en 2015. Le pays reste, pour l'instant à l'abri du terrorisme islamique. Face aux défis économiques que rencontre le Togo, les autorités mènent plusieurs actions dont le développement des infrastructures routières, la promotion de l'emploi des jeunes, et l'activité bancaire.

La peine de mort a été abolie en 2009. Pour souligner le caractère irréversible de cette abolition, le Togo a adhéré, le 14 septembre 2016 au deuxième protocole facultatif se rapportant au pacte international relatif aux droits civils et politiques visant l’abolition de la peine de mort.

Un nouveau code pénal a par ailleurs été adopté en 2015, prévoyant diverses mesures d’exécution des peines (TIG, sursis, mis à l’épreuve…), allant dans le sens de la réinsertion. Ces avancées demeurent toutefois conditionnées à l’application du nouveau code de procédure pénale qui nécessite l’adoption préalable d’une réforme de l’organisation judiciaire. Le Togo est également touché par un taux de récidive particulièrement élevé, notamment du fait de l’absence d’une réelle politique de réinsertion et de la mixité carcérale entre prévenus/inculpés et condamnés.

Données démographiques : Estimation de la population en 2018, 7, 9 millions habitants, pour une densité de 133 hab./km².

Le taux de croissance démographique est estimé à 2,69%, le taux de mortalité infantile s’élevant à 45,2/1000. L’espérance de vie est estimée à 64,5 ans.

La pauvreté a reculé mais demeure élevée puisqu’elle concerne 58,7% de la population togolaise.

Les prisons : leur nombre, les visites

Les 13 prisons accueillent à ce jour près de 5.000 détenus pour une capacité prévue de 2720 détenus, soit un taux d’occupation de 183,8%. La catégorie de personnes en attente de jugement (prévenus + inculpés) représente 65% des individus. La direction de l’administration pénitentiaire dispose d’un budget par détenu dérisoire (environ 0,27 euro par jour et par détenu), qui n’a pas été ré-évalué depuis plus de quatre ans.

État des lieux des prisons :

  • Prise en charge médicale et infrastructures médicales insuffisantes, infirmiers souvent absents,
  • Lieux de vie dégradés et exigus en raison de la surpopulation carcérale,
  • Informatique installée mais non opérationnelle, faute de maintenance,
  • Manque d'occupation des détenus.

Les équipes-terrain

Il existe une équipe-terrain de bénévoles auprès de 12 prisons ; chacune étant animée par un responsable terrain. L’effectif total des équipes s’élève à 52 membres ce qui est insuffisant pour assurer une présence régulière et efficace auprès des détenus. Beaucoup de candidats n’effectuent qu’un court passage au sein des équipes terrain, déçus de ne pas trouver de compensation à leur activité bénévole.

Le dynamisme des équipes-terrain à travers leurs initiatives et l’implication de l’encadrement de la prison constituent le véritable moteur de la conduite d’actions qui améliorent significativement la condition des détenus.

Comment insuffler du regain d’énergie à nos équipes-terrain ?

  • en recrutant de nouveaux bénévoles qui renforceront les équipes,
  • en favorisant la collaboration et la communication avec les acteurs institutionnels de la prison,
  • en aidant les acteurs à rechercher localement des financements de projets, en faisant notamment appel à la société civile,
  • en favorisant entre les équipes-terrain le partage des initiatives les plus heureuses, les plus ingénieuses, les plus économiques (fabrication du savon liquide et de l’eau de javel, ce qui diminue presque d’un tiers ce poste dans les dotations),
  • en insistant sur la régularité des présences de l’équipe-terrain dans la prison, en encadrant au mieux les nouveaux bénévoles.

Les responsables-pays ne sont pas les principaux acteurs ; ils recueillent les doléances des acteurs de la prison et les invitent à construire un projet où chacun prendra sa part des responsabilité (les détenus, l’équipe-terrain de PRSF, le régisseur et la nouvelle garde). Dans ce travail de construction, c’est le premier pas pour qu’après cette appropriation, le projet soit une réussite.

Les responsables-pays et les coordinateurs nationaux

Bérengère MONEGIER du SORBIER et Jean BERKANI (et bientôt Evelyn STACHACZYK) sont les responsables-pays pour le TOGO.

Ils sont assistés sur le terrain par un coordinateur national : Daniel LAAM KUAMBA, professeur de Français au lycée de SOKODE. Ce dernier était jusqu’en 2017, assisté d’un coordinateur adjoint en la personne de Bonaventure ALOU, qui a du faire à des problèmes de santé l’ayant conduit à se placer en position de réserve opérationnelle.

Principaux événements organisés par les équipes-terrain

Les équipes-terrain les plus solides prennent maintenant l’initiative de la réalisation de petits projets dont elles assurent le financement et contrôlent la réalisation.

Celle de Tsévié a pris en charge la réfection d’une cour intérieure afin que les détenus ne soient plus dans la boue suite aux écoulements des eaux usées.

Celle de Notsé a décidé d’équiper les cellules de ventilateurs pour atténuer la chaleur dans les bâtiments où les détenus sont enfermés la nuit, de 18h le soir à 6h le lendemain matin. Enfin, d’autres ont repris dans certaines prisons les activités mises en place dans le cadre d’un projet d’une ONG sur l’aide à la réinsertion limité à 3 ans.

Réalisations dans le domaine de l’hygiène/santé, alimentation, jardins maraîchers, accès au droit, préparation à la réinsertion


Hygiène/Santé

Aux dépenses de savon liquide et d’eau de Javel (réalisation de PRSF dans presque toutes les prisons), il faut ajouter la prise en charge des ordonnances des détenus qui ne bénéficient pas de visites de leur famille, l’achat de savons de toilette. A noter que la gale sévit encore dans certaines prisons du fait de l’absence d’examen des nouveaux détenus. Le problème des fosses septiques toujours pleines est récurrent malgré l’achat par l’Administration Pénitentiaire de 2 camions vidangeurs.


Alimentation

un seul repas par jour est servi aux détenus, insuffisant pour ceux qui n’ont pas le soutien de leur famille ; 7 prisons disposent d’un jardin ce qui permet aux détenus qui le souhaitent d’y travailler et d’apprendre ainsi un métier. La production s’est améliorée en quantité et a permis de commencer la vente d’une partie des légumes sur le marché pour financer l’achat des semences et le renouvellement du matériel.


Accès au Droit

Les responsables-pays encouragent l’initiative du Conseil de l’Ordre qui a institué un Bureau pénal pour assurer une permanence d’avocat pour les personnes interpellées et pour les assister lors de leur présentation devant le Procureur ou le juge d’instruction.


De la détention à la réinsertion

Ce sont principalement les activités maraîchères, l’hygiène et l’alphabétisation qui constituent les instruments de réinsertion mis en place par les équipes de PRSF.

Les responsables-pays insistent sur la collaboration avec les autres associations intervenant en milieu carcéral pour de travailler en commun et notamment pour assurer la pérennité des projets.


L’objectif visé à terme, reste celui d’une plus grande autonomie de l’ensemble des équipes de bénévoles intervenant auprès des prisons togolaises.